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Education : donnez-nous un but! – L’avis d’un lycéen du système éducatif français.

25 février 2017 - Découverte
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Education : donnez-nous un but! – L’avis d’un lycéen du système éducatif français.

Je commencerai cet article par la justification de la raison de sa présence, qui est l’échec du système éducatif français dans le secondaire. Nous verrons ensuite les origines de ce problème selon mon avis, puis les solutions que je propose.

On finira par un petit topo sur l’égalité des chances que prône notre gouvernement et des témoignages que j’ai reçu de personnes hors de mon domaine (scientifique).

N’hésitez pas à partager vos avis en commentaires, ce que j’expose dans cet article est mon POINT DE VUE. Il peut manquer d’objectivité. Proposez vos critiques et vos solutions!

Introduction et constat.

Décrochage scolaire, puis plans de qualifications professionnelles. Voici comment se présente le plan de lutte contre le décrochage scolaire de l’Education Nationale. Le gouvernement estime que 620 000 jeunes, âgés de 18 à 24 ans, sont dans cette situation en France. Ce sont chaque années 140 000 jeunes qui quittent le système scolaire sans qualification.

Alors le gouvernement finance des formations pour qualifier ces personnes qui n’ont aucun diplôme. Mais au lieu de dépenser des millions d’euros après que le mal soit fait, pourquoi ne pas plutôt revoir le système d’éducation dans le fond, et être à l’écoute de ceux qui apprennent ?
A croire qu’années après années, une restructuration serait une question d’égo pour le gouvernement ? En effet, on n’observe pas bien d’améliorations.

Il est souvent reproché à ceux qui critiquent et ne proposent rien. Je vais tenter dans cet article de vous faire une proposition concrète après vous avoir donné mon avis sur le sujet.

Pour mieux comprendre mon point de vue, je vais me présenter : je suis un élève de Terminale en filière scientifique, spécialité sciences de l’ingénieur. Je tourne autour de 14/20 de moyenne et j’ai beaucoup de passions, dont la très grande majorité ne sont pas ou beaucoup trop peu abordées au lycée.
Je précise que les passions des élèves sont très généralement extra-scolaires.

Selon le Huffington Post (Le Monde), en 2013 :

« En 9 ans, les élèves français ont perdu 16 points en mathématiques, ce qui les a fait passer du groupe au-dessus de la moyenne, au groupe dans la moyenne. »

En septembre 2016, la France se retrouvait à la 25e place mondiale (sur 65) malgré les moyens qui sont alloués à l’éducation, selon le classement PISA (en français : programme international pour le suivi des acquis des élèves) qui référence les niveaux scolaires mondiaux.

Le cœur du problème.

Maintenant qu’on a posé le constat de l’Education Nationale dans le secondaire, je vais vous donner mon avis sur les raisons de cet échec, et vous proposer une solution.

L’Education Nationale n’a jamais su répondre à la question « Doit-on former un élève pour un diplôme (sous-entendu le baccalauréat), ou bien pour son futur ? ».
Et ce questionnement se ressent bien dans l’aspect contradictoire des différentes matières que l’on nous enseigne au lycée entre cours magistraux et projets concrets (qui ces derniers ne prennent pas plus de 5% des heures d’enseignement).

Exemple des sciences.

En effet, en mathématiques par exemple, on nous enseigne, on nous enseigne, on nous enseigne, on nous bourre le crâne de formules et d’outils mathématiques qu’on n’applique à aucun cas concret.
Alors la question de l’utilité de passer leur temps pour certains à apprendre des sujets profondément développés, comme les mathématiques au lycée, plutôt que d’étudier ce qui leur sera utile plus tard, ce qui entre en relation avec leurs passions, est légitime d’être posée.

Les exercices s’enchainent, et toujours rien de concret n’est abordé. En physique-chimie, on peut reprocher la même chose, même si je dois avouer que les travaux pratiques permettent de voir des applications concrètes des phénomènes étudiés. Du moins, ces derniers vont dans le bon sens!

Exemple des langues.

En langues, l’Education Nationale a choisi de faire travailler les élèves sur des notions. Les voici.

Alors bon, c’est bien beau de parler des mythes et des héros, du progrès et des échanges, mais je ne suis pas certain que cela nous serve à grand-chose dans nos discussions professionnelles qui est la raison pour laquelle on apprend de nouvelles langues. De plus, ces 4 sujets sont tellement généraux que l’ensemble des documents étudiés pendant l’année peuvent intégrer les 4 notions, alors que la séquence dans laquelle se trouve un document est sensée se référer à une seule notion. Donc aucun fil conducteur là encore.

On est capable de parler d’œuvres d’art ça pas de soucis ! Mais alors les choses dont on a besoin dans la vie de tous les jours, on ne se les ai pas vues enseignées ! La culture générale c’est très bien, mais si l’on ne se voit enseigner que de ça sans pouvoir dialoguer avec un patron étranger, c’est une mauvaise répartition des sujets d’enseignement.

J’ai du mal donc à suivre l’Etat sur ce choix.

Donc beaucoup de bourrage de crâne pour peu d’applications. Voici ce qui est dommageable et ce qui entraine le décrochage : en effet, l’Education Nationale ne donne aucune raison aux élèves d’étudier, et ils n’ont donc aucune raison de continuer de faire des efforts.

Solution.

La solution, pourtant la moins chère à mettre en œuvre par rapport à des cours magistraux est : LES PROJETS. En effet, quoi de plus satisfaisant que de voir prendre forme devant soi sa propre création, et d’apprendre en fonction des exigences du projet, pour que l’on puisse réinvestir ses connaissances dans un autre projet ? De plus, c’est faire apprendre aux élèves par eux-mêmes, car ils sont maître de leur formation en cherchant eux-mêmes à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent.

Par exemple, je dois développer un drone pour un projet scientifique. Eh bien j’ai été étonné de voir que je pouvais réinvestir ce que j’avais appris sur les exponentielles pour un phénomène que j’ai mesuré.
Mais voilà, là encore, ce n’était qu’un dixième du cours sur les exponentielles qui m’a été utile.

Ces projets permettraient en plus que l’élève puisse marquer sur son C.V « Je sais utiliser ce logiciel, je connais cette technologie ». Bref, c’est adopter une attitude professionnelle et arrêter de passer des heures à tenter d’apprendre du théorique que l’on n’est même pas sûr un jour d’utiliser. C’est arrêter de perdre son temps pour l’élève, et pour l’Etat de dépenser de l’argent inutilement.

Je tiens à dire que cette méthode d’éducation existe déjà dans le supérieur privé et fonctionne incroyablement bien face aux formations publiques. En effet, les formations privées offrent des personnes « prêtes à l’emploi » capables de directement s’attacher à un projet (par exemple un programmeur informatique directement capable de créer un logiciel). Tout simplement car ils auront travaillé sur des projets concrets, qu’ils auront observé par eux-mêmes les phénomènes et qu’ils auront compris en quoi la notion qu’ils doivent apprendre leur est utile.

Annexe sur l’éducation en France.

Enseignement publique et privé dans l’informatique.

Les ingénieurs publics eux, sont très doués en mathématiques ou en physique, mais possèdent bien moins d’expérience dans leur spécialité étant donné qu’ils ont passé 2 années en prépa. Soit 2 années d’expérience en moins que les étudiants du secteur privé.
Il faudra alors que l’étudiant passe encore 1 ou 2 mois à s’habituer à la technologie utilisée par l’entreprise et cette dernière perdra donc de l’argent.

Pour prouver mes propos, on va passer par le salaire moyen des étudiants à la sortie de l’école.
Nous prendrons deux écoles qui forment aux métiers d’ingénieur, très réputées : une dans le domaine publique et l’autre dans le privé.

L’INSA Lyon : 33 500 €/an.
Epitech : 37 400 € /an.

Puis au niveau du temps d’embauche :
L’INSA Lyon : 40% des étudiants en entreprise à la sortie, 1.3 mois en moyenne pour trouver un emploi.
Epitech : 100% des étudiants en entreprise à la sortie, 95% en CDI.

Et si certains seraient tentés d’évoquer la différence des frais de scolarité entre les deux écoles, je vous propose de lire la dernière partie de cet article : les inégalités, ou bien de prendre connaissance des écoles privées comme l’ETNA ou l’école 42 qui proposent des formations gratuites.
Je tiens également à souligner que l’Ecole 42 de Xavier Niel a été élue meilleure école de programmation informatique au monde ! Employant la méthodologie des projets.

Concernant les langues, des projets de langue peuvent très bien être mis en place tout comme pour les projets scientifiques. Par exemple, simuler un entretien d’embauche ou rédiger un bilan énergétique en anglais.

Education Nationale, donnez-nous la possibilité d’apprendre des choses que l’on pourra réinvestir, la possibilité d’être fier de créations réalisées par nos soins, par des compétences qu’on aura acquises en réalisant ces travaux et qu’on aura donc intégrées.
Arrêtez de nous faire subir des cours magistraux dont les thèmes ont un intérêt douteux.

Une matière cruciale pour le futur : qu’attendez-vous ?

La programmation. La réalité est que les ouvriers de demain seront les programmeurs. Il faut arrêter de se voiler la face et de tenter de repêcher à coup de millions des postes voués à disparaître (cf. l’Etat qui dépense 500M€ pour sauver Alstom), c’est une perte de temps et d’argent.
Mieux vaut former les personnes aux nouvelles compétences qui sont demandées par le marché ! Que ce soit pendant ou hors du lycée (personnes entrées dans la vie active).

Les compétences en programmation seront selon moi aussi importantes que la lecture et l’écriture dans le futur. Alors initiez vos élèves dès maintenant à ces compétences cruciales qui leur seront demandées dans n’importe quel domaine. Encouragez l’innovation.

Nouvelles technologies : des outils pour l’éducation.

A l’heure où le numérique est le quotidien de tout collégien et lycéen, on persiste à faire travailler les élèves sur papier et à continuer de distribuer des polycopiés qu’on rangera au fond d’un sac pour peut-être ne jamais les ressortir plutôt que d’utiliser les outils collaboratifs en ligne.

Les avantages seraient bien nombreux : environnement, rapidité de communication (professeurs-élèves), centralisation des cours, organisation, planification des devoirs, cours hors classe.

Heureusement, certains professeurs/établissements prennent les devants et de leur propre initiative tentent de mettre en place des outils pour permettre à leurs élèves de prendre plein avantage des nouvelles technologies.

Mais il en va donc de la volonté des enseignants et non d’une initiative de l’Education Nationale.

Les inégalités.

On entend à tout va « garantir l’égalité des chances » de la part de l’Education Nationale (cf. education.gouv.fr). Je suis loin de critiquer le niveau général d’égalité français qui est l’un des meilleurs au monde et qui me rend fier de mon pays.
Cependant le constat est que cette égalité qu’on nous promet n’existe pas.

Etant en Terminale, je suis confronté au choix que j’ai à faire de mon établissement pour l’an prochain (post-bac). Et même si dans le supérieur les inégalités sont les plus fortes, elles se creusent dès le lycée, lors du choix de sa filière. En effet, tout le monde ne peut pas accéder à la filière scientifique, et encore moins à la section sciences de l’ingénieur.

Pour le supérieur, c’est bien plus flagrant. Je parle des grandes écoles. Les critères de sélection sont simples : les notes. Et qu’on ne se voile pas la face, la finance est aussi un critère très important.
En effet, les grandes écoles publiques (et donc gratuites) recrutent uniquement les excellents élè… les excellents bulletins. Ainsi, la personne qui aurait pu être potentiellement excellente dans la formation, mais qui possède un moins bon dossier sera contrainte de s’orienter soit vers une formation payante, soit vers une école ou une formation moins prestigieuse.

Et l’inégalité se creuse encore en le fait que l’on ne peut pas prétendre aux mêmes postes au sein de mêmes entreprises si l’on a fait une plus ou moins prestigieuse école.

Il est bien connu que ce sont les étudiants qui ont le moins d’argent. Forcés de vivre grâce aux fonds de leurs parents. Cependant, les aides qui leurs sont allouées sont ridicules. Là encore il faut arrêter de se voiler la face, les bourses d’Etat sont honteuses. Les critères sont irréels.
Le logement est la principale cause du problème, et les aides sont absentes face à des loyers aux montants croissants. Alors l’égalité des chances est semblable à une douce utopie.

J’ai plusieurs témoignages de personnes qui souhaitaient faire des études, et qui ont été forcés de travailler parce que leurs parents n’avaient pas les moyens de financer.

Ne serait-il pas plus intéressant de financer davantage l’éducation, les étudiants que pôle-emploi ?
Peut-être que seules des bourses privées pourraient venir au secours de notre éducation ? Mettant en échec la politique économique française.

Un nombre d’écoles privées croissant face à un Etat qui traîne toujours à réformer sans restant aveugle et sourd aux remarques des étudiants.

Aussi, les filières STI2D que l’Education Nationale a tenté de créer pour justement avoir davantage de pédagogie appliquée et essayer d’orienter les élèves vers ce qui leur plaît est juste une blague quand on voit leurs possibilités d’être intégrés dans les grandes écoles.
Par exemple pour l’INSA : 4% des intégrés proviennent d’un baccalauréat STI2D.

Remerciements.

Julia Boï, étudiante en psychologie.
Elève anonyme, lycéen en filière S-SI.

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